Point sellier : pourquoi je me forme (encore) après plus de 5 années de maroquinerie
Depuis début janvier, je me suis lancée dans une formation au point sellier. Et quand j’en parle autour de moi, la réaction est souvent la même : « Mais tu fais de la maroquinerie depuis des années, pourquoi tu te formes encore ? »
Bonne question. Laisse moi te raconter.
Tout a commencé sur YouTube (et avec beaucoup de culot)
En 2020, je me suis mise à la couture de sacs. Pas dans une école. Pas avec un patron. Non, avec une machine à coudre familiale, du tissu, du simili, et… YouTube.
Je regardais des vidéos, j’essayais, je ratais, je recommençais. J’observais beaucoup. J’apprenais vite. Et surtout, j’osais proposer mes créations à des vraies clientes, même quand je n’étais pas sûre à 100% d’y arriver.
Pendant deux ans, j’ai travaillé uniquement le tissu et le simili. Et puis en 2022, j’ai franchi un cap : le cuir. Progressivement. Des chutes fines au début. Puis des épaisseurs plus importantes.
C’est grâce à la confiance de mes clientes que j’ai progressé. Chaque commande était un petit défi. Une cliente qui voulait une poche zippée à un endroit improbable. Une autre qui rêvait d’un modèle que je n’avais jamais fait. À chaque fois, je me disais : « OK, on y va, on verra bien. »
Et à chaque fois, j’ai appris quelque chose.
L’équipement suit la progression (pas l’inverse)
Au début, ma petite machine familiale faisait le job. Mais au fil des commandes, je sentais que je butais sur ses limites. En 2024, j’ai investi dans une machine semi-professionnelle. Puis l’année dernière, j’ai franchi le cap : une industrielle triple entraînement à canon.
Ça peut paraître technique, mais concrètement, ça veut dire que je peux maintenant travailler des cuirs plus épais, faire des coutures plus complexes, créer des modèles que je ne pouvais même pas imaginer avant.
Chaque nouvelle machine a ouvert un nouveau champ des possibles. Et à chaque fois, j’ai dû apprendre à l’apprivoiser, comprendre comment elle fonctionne, ajuster ma technique.
Le point sellier : un an de pratique… et encore tant à apprendre
Depuis un an, je couds certaines pièces au point sellier. En autodidacte, comme toujours. Avec ce que j’ai appris en observant, en testant, en ratant.
Pour ceux qui ne connaissent pas, le point sellier, c’est LA technique de couture à la main utilisée en maroquinerie de luxe. Deux aiguilles, un fil ciré, des gestes ultra-précis. C’est lent. C’est exigeant. C’est minutieux.
Et c’est exactement pour ça que ça m’intéresse.
Mais voilà : en autodidacte, on apprend… mais on passe aussi à côté de plein de petits détails. Ces gestes subtils qui font toute la différence. Ces astuces que seul quelqu’un qui maîtrise vraiment la technique peut te transmettre.
Alors début janvier, j’ai pris la décision de me former. Pour accélérer mon apprentissage. Pour comprendre ce qui m’échappait. Pour passer du « je me débrouille » au « je maîtrise vraiment ». J’ ai donc choisi une formation en ligne
Pourquoi maintenant ?
Parce que le point sellier, ce n’est pas juste une technique. C’est une promesse. Celle de créer des pièces qui vont durer 20, 30 ans. Des coutures qui ne lâcheront jamais. Un niveau de finition qu’une machine, aussi performante soit-elle, ne peut pas atteindre.
J’ai des clientes qui sont prêtes à payer pour de l’exceptionnel. Des femmes qui ne veulent pas juste un joli sac. Elles veulent LA pièce. Celle qu’elles vont porter pendant des années. Celle qu’elles vont peut-être transmettre.
Et pour leur offrir ça, je ne peux pas me contenter de ce que je sais déjà.
Le sur-mesure que je propose aujourd’hui, c’est bien. Mais je veux pouvoir aller encore plus loin. Proposer une offre aux clientes les plus exigeantes. Celles qui reconnaissent la valeur du travail artisanal de très haute qualité.
Apprendre, encore et toujours
Se former après des années de pratique, ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un choix.
Le choix de ne jamais stagner. De continuer à progresser. De repousser mes limites.
Parce qu’honnêtement ? Je ne sais pas tout. Et je ne saurai jamais tout. L’artisanat, c’est un métier où on apprend toute sa vie.
Et c’est exactement ce qui me plaît.
Alors oui, je passe des heures à regarder des vidéos de formation. Oui, je m’entraîne sur des chutes de cuir en ratant dix fois avant de réussir une fois. Oui, c’est lent.
Mais chaque détail que je comprends, chaque geste que j’affine, chaque couture qui devient plus solide… tout ça me rapproche de ce que je veux vraiment créer.
Ce qui change (et ce qui ne change pas)
Dans quelques mois, je proposerai une nouvelle offre. Pour les clientes qui veulent LE sac. Celui qu’on garde toute une vie. Celui qu’on transmet.
Des pièces entièrement cousues au point sellier. Du sur-mesure ultime. De l’artisanat de très haute qualité.
Mais ce qui ne changera jamais, c’est mon approche : écouter, co-créer, prendre le temps. Créer des pièces qui te ressemblent vraiment.
Juste avec un niveau de finition encore plus élevé.
Et toi, tu as déjà appris quelque chose de nouveau dans ton métier récemment ? Raconte moi en commentaire ou par mail, j’adore ces échanges !





